Les attaques de ces dernières années ont un impact considérable sur le marché du Halal. Certains consommateurs éprouvent de la méfiance et suspectent un financement caché au profit des organisations terroristes. Cet amalgame entraîne une perte de chiffre d’affaire pour les petits commerçants du secteur.

À Toulouse, le gérant d’O Frais a dû effectuer des changements pour sauver son activité.

« Le Halal n’est pas synonyme de radicalisme ! Nous avons fait le choix de ne pas apposer la mention Halal. Nous le disons oralement à nos clients ” déclare l’entrepreneur.

La France, leader du marché européen du Halal

Les disparités se creusent entre les commerces de proximité et les hypermarchés. Les grandes enseignes affichent clairement leurs étiquettes. En 2019, les ventes de produits alimentaires Halal ont progressé de 5,2 % au sein de l’Hexagone pour atteindre 282 millions d’euros.

La France se hisse au premier rang du marché européen du Halal. Son positionnement dans les hypermarchés inquiète le ministre de l’Intérieur, Gérard Darmanin. « Ça m’a toujours choqué de rentrer dans un hypermarché et de voir qu’il y avait un rayon de telle cuisine communautaire et de telle autre à côté […] c’est comme ça que commence le communautarisme” déclarait-il au micro de France Info en octobre dernier.

« Je refuse d’être associé au radicalisme ! »

Le gérant d’O Frais souhaite rassurer les consommateurs. « Nous utilisons des produits de la région et dans le respect des bêtes. Il s’agit tout simplement de produits autorisés par la religion musulmane” ajoute-t-il.
L’entrepreneur s’agace de la stigmatisation générale. “Nous ne sommes pas responsables des crimes causés par des individus. Je refuse d’être associé au radicalisme. Le problème n’est pas dans la vente de produits Halal, mais dans l’esprit des gens qui se radicalisent. Chez nous, tout le monde est le bienvenu chez eux et pas seulement les musulmans” conclut-il.