La période des soldes attire toujours autant les toulousains. Cependant, commerçants et clients ont dû changer leurs habitudes à cause du couvre-feu de 18 h instauré par l’État.

Le couvre-feu n’est pas du tout une aubaine pour les commerçants toulousains. Habituellement entre 16h et 19h, la plupart d’entre eux réalisent leur plus gros chiffre d’affaire. « Les clients viennent en général entre 16 h et 19 h. Aujourd’hui, ils rentrent dans le magasin regardent nos produits ensuite, ils jettent un œil à la montre et s’en vont aussi vite qu’ils sont arrivés pour éviter le couvre-feu », témoigne le magasin de vêtements “Dr swag”. 

Certains commerçants doivent fermer plus tôt pour pouvoir ranger et nettoyer à temps pour éviter le couvre-feu. « Pour ma part, j’habite dans la périphérie de Toulouse. Je dois arriver plus tôt pour ouvrir à l’heure et fermer plus tôt pour rentrer avant le couvre-feu. À cause de ça, j’ai beaucoup perdu au niveau de mon chiffre d’affaire », se plaint Assali PIERRE, gérant de Heaven 7.

Pas d’aide de l’État

Ces commerçants n’ont pas tous accès à l’aide de l’État. Le gouvernement indique que
« l’accès au fond de solidarité est accessible à toutes les entreprises, sans critère de taille dès lors qu’ils perdent 50 % de leurs chiffres d’affaire ». Cependant, les petits artisans et commerçants ne réalisent pas toujours le chiffre escompté. 50 % serait une énorme perte pour eux. 

« Avec ce couvre-feu, j’ai déjà perdu 30 % de mon chiffre d’affaire en à peine 2 mois. Cela représente une grosse perte, car nous sommes indépendants et nous devons prendre en compte beaucoup de choses comme l’entretien, les salaires ou encore les charges. On ne gagne pas assez pour subvenir à ces besoins et malheureusement 30 % ce n’est pas assez pour avoir le fond de solidarité », explique dépité le magasin “Dr swag”.

Tenir le coup

Certains commerçants ont traversé des raz-de-marée bien avant la crise sanitaire. C’est le cas de Dominique Grosjean, gérante de “Do my shoes”. Cette patronne qui travaille seule, a subi le passage des gilets jaunes. Elle a dû encaisser la crise sanitaire.
« Depuis 2019, les problèmes s’enchaînent et ça ne s’arrête pas », dit, la patronne de “Do my shoes”.

Le magasin de chaussure  a survécu jusqu’ici et sa gérante est tout de même heureuse de pouvoir accueillir sa clientèle. « On est en pleine période de soldes et avec le couvre-feu ce n’est pas facile. Cependant, je garde le moral et j’espère que ça va s’arrêter. En attendant je suis contente de pouvoir ouvrir mes portes », conclu t’elle optimiste. 

ABAINE Abal’kassim